Ourdissetou - Col de Pardinas - Col de Cruz de la Guardia (14/07/2008)
CR de Vincent
Nous sommes accueillis le 13 juillet au soir dans une grange très bien aménagée en chalet par la famille de Serge, un oncle d'Ughy. Un petit Banyuls autour du feu le temps que la sauce mijote et nous nous mettons à table pour le kilo cinq de spaghettis.
6h du matin, Serge vient de partir pour faire l'arête des trois conseillers dans le massif du Néouvielle, les cyclistes se lèvent seulement. Après le petit déjeuner agrémenté de confiture de figues apportée par Philippe, nous descendons à Saint-Lary retrouver Nico et filons en Espagne par le Tunnel de Bielsa. La route serpente au fond d'une sympathique petite vallée sauvage. Nous atteignons rapidement le pied de la piste pour Ourdizeto et nous préparons.
Les plus excités sont déjà sur selle et tentent de se réchauffer un peu des 5° ambiants.
8h15, le départ est donné. La piste monte fort mais sans difficulté technique et nous découvre vite une vue sur les contreforts du mont Perdu. Vaches, veaux, ânes, et même randonneurs: les rencontres sont plutôt nombreuses sur cette première partie de piste, contrairement au reste de la sortie où nous étions seuls au monde. Nous arrivons à un premier petit lac de barrage, avec sa centrale est passons au soleil, qui réchauffe agréablement. Les cascades sont nombreuses dans cette vallée et adoptent des configurations variées : grandes, encaissées dans une fissure, tumultueuses avec des marmites. Les pauses photo s'égrènent tout du long de la montée. Encore deux grands lacets et la piste atteint un col, laissant peu avant un chemin monter vers le col de Ourdisseto à la frontière franco-espagnole au-dessus de la vallée du Rioumajou. Les plus motivés, Dominique, Nicolas, Fabien, Philippe et Vincent montent jusqu'au lac juste au dessus. Celui-ci n'est pas complètement plein, charrie de nombreux « iceberg » de neige et regèle même en surface. Il est surplombé par la pointe Suelza, aux flancs d'éboulis, qui dépasse les 2900m: un bon candidat pour une sortie VTT + randonnée. Pas le temps d'y grimper cette fois-ci (il faut bien compter 2-3 h aller-retour pour ce sommet).
11h et quelques, après une séance photo et quelques sucreries, nous entamons la descente sur un petit chemin qui nous gratifie rapidement d'une petite remontée. Nouvelle pause pour profiter du paysage et faire une photo de circonstance en ce 14 juillet devant la pointe Suelza. La vue sur le massif des Posets est excellente. C'est repartis pour la descente : petit chemin, lacets dans les rhododendrons : tout va bien quand soudain, « cr » roue arrière coincée pour Vincent. Bilan : dérailleur dans les rayons, patte de dérailleur complètement cassée, dérailleurs et rayons semblent en bonne santé. Sans patte de rechange, le dérailleur trouve place dans le sac, la chaîne est raccourcie et la descente reprend en roue libre. En même temps, Ughy constate qu'un rayon est cassé sur sa roue arrière et que les autres portent de nombreux impacts. La crossmax SL ne présente cependant pas de voile et la descente peut continuer.
Un beau gros rocher nous invite à la pause pic nic mais s'avère peu après être un repère de moustiques diurnes. Qu'importe, les victuailles s'apprécient : Taboulé de Mme Dominique, Cake jambon olive de Vincent, saucisson espagnol et petite compote.
13h30, reprise de la descente, maintenant sur une piste. Ughy, Philippe et Nico en coupent les lacets. Nous quittons ensuite la piste pour un chemin à peine marqué balisé blanc et jaune qui nous mène au pied de la piste du col de Pardinas. En chemin, Nico aperçoit un Isard assis dans une prairie. Silence ! L'approche à pas de loup, appareil photo au poing, semble réussi puisque l'animal ne boue pas. Hélas, l'animal, blessé, attend sa dernière heure. Abandonnant l'idée hasardeuse d'achever ses souffrances, nous le laissons à son sort.
Au pied de la montée, l'eau commence à se tarir dans les bidons et Ughy se laisse tenter par un ruisseau et une pastille d'hydroclonasone périmée. Vincent, aidé par Ughy puis Philippe, tente un bricolage pour une transmission single speed avec une chaîne suffisamment tendue. Après quelques tentatives à la validité limité, une solution est trouvée qui tiendra jusqu'au bout : enlever les freins et décaler la roue pour obtenir une tension de chaîne correcte ; le serrage de la roue se fait alors en intercalant deux clés plates d'un multi-outils entre le serrage et le cadre, le tout maintenu par un patin de Vbraque et son écrou pour éviter que la roue ne se mette en travers. La piste , roulante et en pente douce monte facilement avant de laisser place à une trace herbue à travers les estives. Vincent débusque un renard : pourvu qu'il n'ait pas pissé sur les fraises des bois mangées à la montée d'Ourdizeto. En chemin, un abreuvoir nous permet enfin de faire le plein et de nous rafraîchir. Un petit plat herbeux précède la dernière centaine de mètres, qui se fait en portage. Au col, le vent souffle, les choucas crient et les marmottes sifflent puis se mettent à l'abri. La vue porte d'un côté sur le Perdu, Marboré, de l'autre sur les Posets.
17h, le gruppeto a rejoint le col et un freeride à flanc nous ramène sur une piste qui nous porte jusqu'au col de la Cruz de Guarda. C'est parti pour la dernière descente, d'abord freeride dans l'herbe, le GR se transforme vite en un petit chemin accroché à flanc de vallée, passe en forêt, toujours en balcon au-dessus d'une gorge dont nous entendons le torrent et les cascades gronder. S'en suit une succession de petites descentes, passages de ruisseau et petites remontées, toujours à flanc. Les pierres que nous projetons en roulant dégringolent dans la pente : mieux vaut ne pas tomber ou échapper son sac. Dominique tente quand même la chute dans le gouffre, heureusement sans dégât, merci à la végétation. Le chemin fini par abandonner le style balcon pour une sympathique descente en lacet dans les bois, avant de retomber sur une piste. Un rapide coup d'oeil à la carte nous montre qu'en remontant à peine la piste, nous trouverons le GR qui descend direct. Le chemin change alors du tout au tout pour un sentier caillouteux du style descente de Causse, bordé de petits épineux, de thym et de sarriette.
18h30-19h (je ne sais plus trop) Bielsa, avec sa promenade des berges. Mais il reste encore 200m à remonter pour trouver les voitures. Ceux qui en réclament encore, Philippe, Nico, Fabien et Vincent s'octroient donc un bon quart d'heure de décrassage sur route. Vincent se lave jambes et bras dans le torrent, nettement plus chaud que le lac d'Ourdizeto, 1200m plus haut.
Nous nous retrouvons tous au café face à l'hôtel de ville de Bielsa pour un rafraîchissement des plus appréciable : pression, coca, café, eau gazeuse et granité citron.
Excellente journée donc, beau temps, magnifiques paysages, itinéraire sans soucis, pic nic et timing respecté.
Bilan de la journée : 7 heureux, Ughy, Victor, Philippe, Dominique, Fabien, Nico et Vincent, dans les 40 à 50 km et 2000 à 2200 m de D+.
Va rouler en montagne !
Vincent
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