Tuchan - Mont Tauch (20/04/2008)
Seulement 2 courageux (Stéphane et Dante) en ce dimanche de sinistre météorologique, le programme pour éviter les orages est d'atteindre la partie orientale des Corbières.
Le départ est un peu retardé car mon GPS de fabrication artisanale ne veut avaler aucun format de traces.
Nous nous contenterons de la trace allégée sur le Garmin.
Décolage 8h de Ramonville, le temps est encore clément sur la région Toulousaine.
Après 1H30 d'autoroute où le plafond des nuages ne nous laisse pas voir la montagne noire ou l'alaric, nous sortons au niveau de Lézignan pour descendre à travers les corbières jusqu'à la vallée de la Berre.
En chemin, nous croisons quelques cyclotouristes en provenance de la rando du printemps de Lagrasse.
Quelques kilomètres avant Tuchan notre point de départ, la vallée s'élargit et laisse entrevoir quelques châteaux Cathares.
Le village est au pied de cet imposant massif.
Le sommet du Mont Tauch est envahi de nuages gris et nous avons peine à distinguer les éoliennes qui le coiffent.
Pour nous préparer, nous nous sommes arrêtés sur la place du village, la température est clémente et le soleil est bien présent.
Pour l'occasion, j'ai sorti mon Heckler en 160/150 et Dante son semi-rigide Giant, 2 géométries opposées pour un poids presque équivalent.
Pas de place à l'échauffement sur ce parcours, nous commençons par un dénivelé de presque 800m.
Le début est agréable puisque le chemin longe les vignes. Très rapidement, nous rejoignons la route.
L'essentiel sera gravi sur le bitume avec quelques embardés sur des chemins parallèles.
La grimpe est difficile car il y a de nombreux passage où la pente approche les 20%, pas facile avec une géométrie d’enduro.
Dans l'effort ou l'égarement, j'image les routeux qui viennent connaître l'enfer du mont Tauch en plein juillet. Leur braquets doivent être démesurés en regard avec ceux de nos montures.
A quelques mètres de la tour des géographes, fin de l'ascension, nous croisons un couple de VTTistes.
Il s'agit de Philippe et Cécile, tous 2 membres de LPIVTT. Monsieur doit être le créateur du parcours que nous allons emprunter. Ils nous indiquent la trace pour la descente.
Au sommet, nous remettons les couches de vêtements quittés pendant la montée.
Nous y ajoutons le coupe-vent car il n'est pas difficile de comprendre pourquoi nous trouvons un champ éolien sur ce sommet.
Malgré les conseille de Philippe, nous avons des difficultés pour trouver le début de la descente.
La visibilité est réduite et le chemin se faufile entre les buis. Dante finira par tomber dans cet enchevêtrement de pierres et de buissons.
600m de dénivelé négatif vont se succéder, le début est digne d'un chemin pyrénéen. Nous passons à flanc de montagne sur un chemin étroit et en dévers. Certains passages sont rendus délicats à cause de nombreux éboulis.
La fin de la pente est beaucoup plus roulante malgré quelques marches et grosses pierres.
Les freins de Dante sentent le chaud et l'étrier arrière finit en position bloqué.
Le temps de laisser refroidir, nous rattrapons de la piste pour atteindre un petit lac près du village de "Maisons".
Nous profitons d'une table de pique-nique pour nous restaurer après seulement 2H de roulage.
Depuis la descente, le soleil est de nouveau de la partie.
La trace nous emmène ensuite dans l'ascension de Maisons jusqu'au col du Teil au travers de la forêt domaniale de Quintillan.
Nous roulons essentiellement sur de la piste en empruntant parfois une portion de bitume.
La pente est régulière malgré des passages au pourcentage accentué. Nous finissons par atteindre le sommet du col puis nous basculons de l'autre côté pour encore quelques centaines de mètres sur le bitume. Vu un peu tard, cette portion peut être remplacée par un du chemin en contrebas de la route. Nous remontons une nouvelle fois sur de la piste pour faire une boucle au milieu de la forêt et des petites tourelles de chasse.
Le secteur est à éviter en pleine battue aux sangliers surtout avec cette densité de poste de tir.
La boucle nous ramène près du col du Teil puis un GR nous guide sur le flanc Nord du Mont Tauch.
La première partie du sentier en descente est ludique avec ce qu’il faut de racine et de pierre pour tester sa technique. Un peu plus loin, la pente s’inverse et son ascension n’est pas simple dans ce chemin exigu composé d'une ornière parsemé de grosses pierres.
Au dessus de nos têtes, le ciel est devenu tout noir et nous prenons une bonne averse.
La terre commence à adhérer aux pneus et les pierres sont rendues glissantes.
Dante a des difficultés à passer les derniers pignons car la chape de son dérailleur est tordu. Elle frotte sur les rayons. L'averse s'interrompt mais la végétation continue de nous tremper surtout qu’il faut s’y frotter.
Fin du monotrace en montée, nous entamons la descente. Un bruit de casserole sort de nos étriers, la pluie a un peu trop refroidit nos disques.
Nous atteignons une maison isolée dans la pente où un montagne des Pyrénées nous accueille bruyamment.
La suite est un gros régal car le single descendant se poursuit jusque dans la vallée.
L’Heckler est vraiment à son aise sur ce terrain, le Giant ATC souffre beaucoup plus.
Dante tape une grosse pierre et vrille son grand plateau.
Réparation du mal par le mal, une pierre en guise de marteau et le plateau reprend un profil correct.
Nous passons à côté du château cathare de Ségure pour retrouver notre altitude de base.
Encore un peu de bitume, la trace part à travers la vigne pour rejoindre la 3ème ascension du parcours.
Les éclaircies reviennent pour nous accompagner jusqu'à la fin de cette sortie.
A part 2 ou 3 petits singles descendants, cette dernière partie est peu moins ludique.
Nous avalons les kilomètres sur de la piste à 4x4, chemin servant de lien entre les vignobles du Fitou.
Ma monture n'est pas très appropriée pour rouler à vive allure sur ce type de terrain.
Dante est un peu plus en jambe s’en sort beaucoup mieux.
Malgré tout, il casse sa chaine pour me permettre de récupérer.
La descente finale est quand même très intéressante, digne d’une spéciale d’enduro.
Les derniers kilomètres qui nous séparent de l’arrivée se font essentiellement sur la route avec une petite bifurcation au travers des vignes.
Après 6H40 de parcours, nous sommes de retour à Tuchan.
Le retour par l’autoroute se fera sous un déluge de pluie ininterrompu de Carcassonne à Toulouse.
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