4 jours aux Pyrénées (2/4) - Granges de Biados - Banos de Benasque (26/06/2010)
2ème jour : Granges de Biados - Port de Sahun - Banos de Benasque
Les photos de Franck Vincent et Philippe
Je me lève et je te bouscule comme d'habitude... Heu ben non, en fait, on se bouscule un peu dans le chalet annexe du refuge de Viados mais rien à voir avec l'idylle de Claude François et France Gall.
On se prépare rapidement, le temps est magnifique mais comme on va vers Benasque et que la météo prévoit des orages on se presse un peu. On doit cependant patienter pour les petits-déjeuners. On détache les vélos, on regonfle un peu les pneus.Pour ma part, j'ai une légère perte de pression à l'avant. Rien de grave, je dois être à 1,5 bar au lieu de 1,8. C'est la première grosse sortie que je fais en configuration "No Tubes". J'ai des pneus "tubetype" montée en tubeless avec du liquide NoTubes.
Cela fonctionne aussi bien que des pneus tubeless. C'est bien la première fois que j'allège le vélo en dépensant moins!
Bon bref, nous partons vers la rive gauche du torrent. Pour cela, il nous faut monter un peu en direction d'un pont de bois. Après le franchissement, nous sommes plusieurs à être tentés par le chemin proche de la rive. Mais la zone encore détrempée par les orages des jours passés est spongieuse. La plupart du groupe choisi donc de remonter vers la piste un peu plus haut. C'est alors une longue descente sur piste qui commence avec quelques passages humides à franchement mouillés lors des franchissement de ruisseaux. Philippe continue de "décorer" son cuissard blanc (enfin plus très blanc depuis la veille: photo censurée).
Une petite pause pour remonter les selles et nous voici en route sur la première montée. La piste est très agréable. Rien à voir avec la montée à Ourdissetou. On roule sur un léger tapis d'herbe bien à l'ombre de la forêt. Cette première montée nous amène à un joli plateau herbeux. La vue porte loin. Le chemin est agréable.
La descente qui suit se transforme rapidement en large piste. Le D- s'avale à grande vitesse. Il faut cependant garder un œil sur la trace car l'embranchement suivant n'a rien d'évident. Dans un virage, une marque jaune sur un arbre m'incite à placer un gros coup de frein. Philippe arrive bientôt et confirme que c'est bien la petite trace qui descend vers le ruisseau qu'il convient d'emprunter. La remontée sur l'autre rive est ardue comme une partie du chemin a été emportée par les eaux. Mais cette option s'avère payante car nous débouchons sur une fine piste très agréables en sous bois. C'est le début de la montée vers le Port de Sahun. Je mets les écouteurs et me laisse entraîner au son de JJ Cale. Sa complainte "Strange days" me va très bien avec une touche de steel guitar. Je roule en rythme avec Vincent. Notre petite piste en rejoint bientôt une grosse. Nous faisons une pause pour attendre le reste du groupe à une bifurcation. La piste est agréable à rouler. Bien que large, elle reste ombragée.
Arrivé au sommet, je réserve la table pique-nique pendant que Vincent part faire le sommet voisin. Aucune trace de neige ici. Le reste de la troupe arrive bientôt. Il est midi et demi et chacun se jette sur son casse croûte. Les sandwichs du refuge sont du style rudimentaire. Du gros pain blanc, jambon et gruyère. Il faut bien mâcher ! Pour ma part, je mange un sachet de riz avec des sardines. Ughy me montre la qualité des poches congélation Ikéa avec double zip et plastique solide. Le lieu est très agréable mais bon, nous ne sommes pas là pour faire la sieste.
Nous attaquons donc la descente. Piste très roulante mais un peu piégeuse avec de grosses ornières. Un bunny-up de temps à autre est le bien venu. Légère remontée puis changement de revêtement. La piste reste plate mais le fin gravier est remplacer par des blocs concassés. Nous arrivons à la cascade. Le débit est joli. Se déchausser ou pas ? En sautant de bloc en bloc, on arrive à passer à pied sec mais le passage des vélos est un peu scabreux.
Une fois que nous sommes tous de l'autre coté, il faut se rendre à l'évidence, Philippe n'est pas là. Compte tenu du contexte, attendre sans rien faire est impossible. Je vide le sac de tout le superflu en espérant que ce ne soit qu'un problème mécanique. Vincent m'accompagne. Au niveau du petit D+ évoqué précédemment, nous voyons Philippe qui arrive. Nous le rejoignons. Il a fait une grosse crevaison et son liquide "Caffelatex" n'a rien bouché. Il lui a salopé tout le cadre mais il a du réparer à la main. Heureusement, il avait un kit de mèches pour une réparation par l'extérieur de ses tubeless.
Nous rejoignons l'ensemble du groupe, un petit coup de pompe et l'on part cette fois pour une descente fabuleuse. Petit single, un peu de cailloux mais pas trop. Quasiment tout passe sur le vélo mais il faut savoir rester raisonnable. La pente est assez raide avec de nombreuses "marches". Dans un passage un poil "scabreux", je perds l'équilibre et bien qu'en "pédales à picots", la descente du vélo au milieu des blocs se révèle délicate et je me tord un peu la cheville en glissant sur une dalle en pente. Fabien passe devant. Dans la descente d'Ourdissetou, il avait déjà montré sa maîtrise. Il n'a pas peur ce garçon ! Son Kona est peu lourd en montée mais il assure bien en descente. Après un passage raide mal pavé, nous faisons une pause pour attendre le reste du groupe. Jory est clairement à la peine et marche beaucoup. Pour une première sortie en montagne le programme n'est pas vraiment "pédagogique". Olivier en semi-rigide fait ce qu'il peut. Bruno fait un OTB avec réception sur le menton...
Nous repartons, je suis quasiment à plat à l'avant. Je regonfle et ça repart. Sur ce terrain secouant, le problème est le même que sur la latérite. Il faut une certaine vitesse pour passer sans trop se faire secouer. La Talas RLC fait merveille. Contrairement au début de descente ou j'avais mis pas mal de freinage en compression pour éviter de trop plonger, Maintenant que la pente est plus raisonnable, en le supprimant, la Fox avale remarquablement le terrain.
Nous arrivons enfin à Éristé, village non loin de Benasque. Le fond de la vallée est bien noir. Le temps d'arriver à Benasque, il commence à faire des gouttes. Je cherche une pharmacie pour acheter une seringue pour remettre du liquide dans le pneu avant. Elle est fermée, ouverture à 17h30. Nous repartons vers la ville où une terrasse couverte bien agréable nous accueille à l'abri de l'orage. Chacun collationne en fonction de son appétit. Les beignets de seiche et l'omelette ont pas mal de succès. Coups de fil aux familles, appel à Dominique dans la voiture d'assistance qui est en route pour qu'il s'occupe de la seringue.
Nous ne sommes cependant pas encore arrivé. L'orage est passé, il nous faut repartir. Nous franchissons le pont romain en face du bistrot pour emprunter la rive opposée à la route. Bonne pioche. Le chemin est joli avec un petit passage en balcon au dessus de l'eau et nous évite le bitume. Cet ultime remontée est une épreuve pour beaucoup. Le chemin longe la rivière et finit par une ultime succession de lacets que je fais dans la roue de Vincent sous une légère pluie qui ne suffit pas à nous refroidir. Dominique et Maïlys sont déjà là.
L'hôtel des bains de Benasque est assez délabré mais l'accueil est bien sympathique. Les douches sont chaudes, la piscine alimentée par la source chaude. Les thermes sont compris dans le prix de la chambre. On demande un tuyau pour laver les vélo.
Patrice qui nous a rejoint depuis Luchon a fait une mauvaise chute en redescendant le port de la Picade. Le véhicule d'assistance prend tout son sens et Dominqiue redescend à Benasque pour qu'on lui fasse des points au mollet. Pendant ce temps, c'est atelier lavage et mécanique. Philippe remet du Caffelatex dans sa roue arrière. Je fais de même dans la roue avant à défaut de No Tubes. La cloche sonne enfin l'heure du repas mais si le personnel semble heureux de voir d'autres clients que des vieux venus prendre les eaux, l'apport calorique n'est pas adapté et nous restons tous un peu sur notre faim. Heureusement, nous avons récupéré chacun nos sacs supplémentaires et nos vêtements de rechange et je mange quelques fruits secs en complément.
Demain, grosse journée en perspective. nous allons rapidement au lit.
Franck