Pique d'Endron, Port de Lers (24/10/2009)
CR - samedi 24 octobre 2009 - Pique d'Endron, Port de Lers
58km, 2660mD+-
Gilles, Philippe et Vincent étaient les trois motivés pour cette sortie Pyrénées d'automne.
Vendredi soir, la météo n'était pas très engageante pour le week-end. Vincent, très motivé par une rare occasion de vélo de montagne, propose quand même d'y aller samedi.
Rendez-vous est pris pour le lendemain, 4h45 au Courte Paille de Lasborde. Dur dur pour Gilles, qui fêtait en Père Fouras l'anniversaire de sa fille la veille.
Direction Siguer, en Ariège, dans la vallée du Vicdessos. Sur place, nous constatons avec joie que nous pouvons voir des étoiles (constellation Orion), gage d'un ciel dégagé et d'un démarrage au sec.
Chapitre 1: montée au Pic du Garbié de Bresoul, 6h40 - 9h00
En plein phare, nous entamons la montée au petit village de Lercoul, par la route pour un échauffement en douceur. Cette mise en jambe nous donne vite chaud et nous enlevons tous une couche au village, malgré une petite bruine de temps en temps. Philippe et Gilles sont même en T-shirt! Après Lercoul, la route s'enfonce dans la forêt, toujours en montant, et laisse bientôt place à une piste forestière que nous poursuivons au son des chats huants. C'est en quittant la forêt que les vraies difficultés commencent: la piste se redresse nettement, nous obligeant à mettre pied à terre. Au sortir de la forêt, nous constatons que le ciel s'est bouché et diffuse une certaine clarté. Plus loin, dans les estives, la piste est moins raide mais très empierrée et guère plus roulable dans une dépense raisonnable d'énergie. La crête vers laquelle nous mène la piste est bien prise dans les nuages. Le lever de soleil passe complètement inaperçu, avec cette masse nuageuse. Au dernier lacet, nous pouvons de nouveau reposer nos fesses sur la selle, jusqu'à la crête, au passage de laquelle le vent et la pluie nous attendent. Une petite pause pour se regrouper, manger des fruits séchés et enfiler nos vestes, et nous voilà repartis, dans la crasse nuageuse, sur une piste d'estive, qui par beau temps doit certainement être très agréable et offrir une belle vue sur les vallées environnantes. La visibilité est des plus médiocre quand nous atteignons le pic du Garbié de Bresoul. L'option Pique d'Endron à pied est d'office abandonnée. Nous ne nous attardons pas et attaquons la descente, guidés par Philippe, qui avait pris soin de rentrer la trace prévisionnelle dans son GPS.
chapitre 2: descente de Goulier, chemin horizontal, grottes d'Olbier, Auzat 9h - 11h30
L'instant freeride est arrivé: nous suivons prudemment Philippe pour ne pas se perdre de vue. Au fur et à mesure que nous perdons de l'altitude, la visibilité s'accroît. Nous tombons alors sur une piste de bul (rouge?) qui nous conduit tout droit à l'arrivée du grand teleski de Goulier-neige. La crasse est désormais au dessus de nous, et nous voyons le bas de la station et même un petit bout de vallée. C'est parti pour la piste rouge de Goulier, qui nous descend en un clin d'oeil au pied de la station: ça sent la plaquette chaude pour Vincent: le "chemin horizontal" vient à point. Nous jardinons cinq minutes pour trouver son départ (Pour les prochains: prendre le bout de piste qui prolonge le parking et s'enfonce dans la forêt, puis un chemin qui descend sur le chemin horizontal, balisé GR). Cette partie du GR10, justement nommé, suit en courbe de niveau le flanc de la montagne, traversant forêts, torrents et petits passages rocheux, rendus très glissants par la pluie. Nous débouchons sur une piste forestière que nous suivons un instant, jusqu'à un troupeau en plein retour vers la vallée. C'est en effectuant son dépassement que Philippe manque le sentier du GR, qui part sur la droite. Qu'à cela ne tienne, nous nous retrouvons plus bas, au croisement GR-piste. Ce sympathique GR nous descend, non sans quelques passages empierrés, au village de Goulier, où les villageois s'occupent à rentrer du bois pour l'hiver. Encore du single forestier et nous voilà à Olbier. Vincent tient à montrer les grottes du village, au prix de quelques minutes de jardinage, qui nous fait passer sous un pommier et un prunier dont certains fruits, tombés à terre, sont encore bons. (pour les prochains: prendre la dernière ruelle, juste avant la sortie du village, qui passe devant un gîte et se poursuit en chemin jusqu'au pied des grottes). Les grottes sont nombreuses et signalées par des pancartes: "grotte des femmes", "grotte des hommes", ... Sans pudeur et sans les vélos, nous traversons d'abord la grotte des femmes, puis nous aventurons dans une autre, dont le boyau semble continuer en se rétrécissant. Une défaillance temporaire de l'appareil photo ne nous a pas permis d'immortaliser les trois yetis et la chauve souris qui hantaient les lieux. Nous pourrions nous amuser des heures dans ces grottes, à explorer les recoins, mais nous sommes en sortie VTT et nous nous décidons, après cette grosse pause, à reprendre nos montures. Un dernier sentier descendant et nous voilà au fond de la vallée. Vincent met pied à terre pour ramasser une poignée de châtaignes. Nous revoyons le berger croisé dans la montagne, qui nous fait remarquer qu'avec ses brebis, il a été plus rapide que nous à descendre!
Chapitre 3: Le port de Lers et sa grande descente: 11h40 - 14h40
C'est maintenant sous un beau soleil que nous entamons la montée sur route du Port de Lers. Chacun prend son rythme sur cette route qui ne comporte que peu de lacets, tellement la vallée s'étire en longueur. Une belle cascade, gonflée par les dernières pluies, se laisse admirer sur le côté droit de la route. Alors que nous approchons du col, la pluie reprend et c'est sous le auvent du refuge sous le col, hélas fermé (le refuge, pas le col), que nous prenons notre pic nic. Pizza, sandwich, pâtes au chocolat et rochers à la noix de coco engloutis, nous voici fin prêts pour la descente, qui commence par un sous-bois horizontal en balcon. Au bout de quelques minutes, Philippe s'interroge: "Ce sentier sait-il qu'il doit nous faire perdre 700m de dénivelé?". La réponse vient un peu plus tard, dans un enchaînement de grandes courbes tout en souplesse et douceur, sur un tapis de feuilles. Au milieu de la descente, le sentier remonte brusquement en trois lacets raides et glissants pour passer au dessus d'une petite barre rocheuse. Puis la descente reprend, sur un sentier plus étroit. L'atmosphère s'est à nouveau éclaircie et nous profitons pleinement des points de vue offerts par l'itinéraire, notamment sur les petits villages de Suc et Sentenac. Nous aboutissons un peu au dessus de Vicdessos et décidons de l'option suivante: ce sera descente directe sur Vicdessos, montée à Sem par la route, puis aux mines du Rancié par le chemin et descente à Siguer par le GR.
Chapitre 4: Dolmen de Sem et croix de Ste Tanoque. 14h45-16h50
De la vallée, nous pouvons voir notre prochain objectif: le dolmen de SEM. la route nous y mène rapidement, pour une pause au soleil. Nous nous demandons si ce dolmen est naturel ou érigé par des hommes. Pas facile, en tout cas, d'y grimper, mieux vaut avoir de grands bras, comme Vincent. Le ciel est maintenant bien dégagé et nous voyons la crête sur laquelle nous étions le matin même, en plein crachin. De Sem, part une piste en lacets, raide mais très bien tracée. Tous en petit plateau-gros pignon, avec une mini pause toutes les deux épingles, la vitesse verticale est élevée. La mine du Rancié est fermée par une grille; une pancarte met en garde "attention, crevasse" et un souffle frais sort de la mine. Gilles trouve même un bout de minerai de fer. Une piste forestière nous rend alors à la croix de Ste Tanoque. Mais où est-elle donc? en cherchant un peu, nous trouvons une toute petite croix sur une pierre au milieu de la forêt: très discrète cette Tanoque. Les derniers 500m de descente se font sur le GR, un peu pierreux par endroits. Le final est une succession de lacets sous quelques châtaigners qui passent en dérapé dans les feuilles.
Nous arrivons à la voiture, pile poil dans l'horaire malgré nos errances touristiques entre grottes, mines et dolmen. Une fontaine permet de nous désaltérer et de nettoyer sommairement les vélos.
Un grand merci à Gilles et Philippe pour m'avoir accompagné dans cette sortie, en partie inédite. Ca faisait en effet longtemps que j'avais repéré cette piste du Garbié de Bresoul et que je voulais l'essayer. Le freeride sur Goulier passe très bien. Philippe a découvert la descente renommée du port de Lers. Cette vallée est vraiment pleine de ressources pour le VTT: j'y retournerai.