Cabrespine (30/11/2008)
Au vu de ce qui tombait samedi après-midi, il fallait avoir foi dans les prévisions de Météo France pour préparer la sortie prévue dimanche matin. Et pourtant le soleil annoncé était au rendez-vous à Cabrespine à l'heure du départ et il n'allait pas nous quitter de la journée, ainsi d'ailleurs que les incidents techniques à répétition. A l'heure dite ou presque, convergeaient à Cabrespine les voitures venues : de Toulouse avec Philippe, Stéphane, Didier de lpivtt accompagné par Pierre, un de ses amis, plus Jean-Baptiste et Sam ; de Labastide-Rouairoux avec Dominique et Bernard du cub d'Albine ; et enfin Sébastien et Fabrice de lpivtt venus en voisins. Après les préparatifs usuels, notre groupe de 10 bikers, savant dosage de lpivtt de varouler et d'indépendants s'engage sur la petite route longeant la vallée de la Clamoux vers le hameau de Laval et au delà. La montée facile, permet de s'échauffer tranquilement. Après 5 kilomètres, le guide, trouvant que la plaisanterie a assez duré enclanche la variante 1 : montée en portage, courte (70 m de D+ environ) mais raide qui conduit à un petit col au dessus de Serremijeanne, et descente dans la foulée sur l'autre versant. C'est dans cette courte descente que pitchoun11 accroche une branche avec son dérailleur, alors qu'il descendait paisiblement (c'est à dire très vite pour moi). Bilan le dérailleur xtr fait trois quart de tour du quadrant, et un rayon cassé provoque une crevaison. Dans un premier temps Fabrice envisage de téléphoner à son épouse pour qu'elle vienne le rapatrier (de nos jours, Pénélope va au secours d'Ulysse et ne se contente plus de l'attendre). Finalement, les dégâts sont réparés tant bien que mal, avec pour conséquence un passage de vitesse dégradé. Nous arrivons donc, après une crevaison de Jean-Baptiste, sur la piste surplombant la vallée du ruisseau du tribi et conduisant vers Escandelle après un ultime raidart. Un petit coup de single en montée et nous sommes à l'antenne juste en dessous du col du Coudel. La piste à gauche à la suite nous fait classiquement contourner le mont Redon par le nord (une variante 2 qui consistait en un contournement sud, plus courte et plus pentue, est reporté à une date ultérieure). La piste est recouverte d'une légère couche de neige durcie qui crisse agréablement sous les roues, sans pour autant entraver la marche du peloton, et nous arrivons au Cun de San Marti, point stratégique crucial pour les randonnées en tout genre (excluant le roller quant-même). On prend alors une courte piste en montée qui conduit à un pylône, ou plus exactement à l'emplacement d'un ancien pylône (cote 943). C'est la que débute le single inédit promis. La trace, un peu incertaine et très pentue au départ, devient vite bien lisible et serpente agréablement sur un lit d'aiguilles de pins. On coupe une première fois la piste, et le sentier repart presque en face, 10 M à gauche. La suite est toujours aussi sympathique, sans grande difficulté technique et plutôt rapide. On recoupe une deuxième fois la piste en la tangentant. On la suit alors sur 200 M environ. A l'embranchement, on prend à gauche, et, tout de suite à gauche le sentier au balisage jaune-vert de villages perchés (http://membres.lycos.fr/villagesperches/). La trace devient technique, d'autant plus que les dalles sont humides. Elle suit l'arête d'un dièdre plongeant vers Lespinassière. C'est alors que ibis repetita placent : Fabrice accroche encore la seule branche (toute petite) du sentier, hors de la trace en plus. Là celà devient grandiose, le dérailleur est cette fois cassé net juste en dessous de l'axe et décide de vivre sa vie dans les rayons. Pas découragés, une équipe de MacGyvers efficaces arrange les choses en tranchant dans le vif : après ablation d'un certain nombres de maillons tordus, le vélo est transformé en un single-speed du plus bel effet. Comme on s'est écarté légèrement de la trace, il faut jardiner brièvement dans la pampa pour la rejoindre. Un peu plus bas, on abandonne le balisage pour plonger tout droit sur la route Caunes-Lespinassière. Arrivé à Lespinassière, petite pause pique-nique au soleil et départ dans la foulée sur la piste qui monte à flanc sur la rive droite de l'Argent-Double (quel joli nom pour une rivière). Fabrice ne semble pas du tout handicapé par son single-speed. Après quelques nouveaux incidents techniques (une fourchette de dérailleur avant qui touche le pneu) et une bonne partie de manivelles, on finit par arriver sur la crête NE-SW en dessous du pic de San Marti. On suit la crête en question en commençant par un poussage bref mais violent (cote 928). Dans la foulée, le mont Péril et la descente plein pot jusqu'au carrefour de chemin du pic del Rey. On descend alors brièvement sur la droite jusqu'a une croisée de chemins où l'on choisit à gauche la direction de Cabrespine (poteau indicateur). On est sur la partie finale du single enchanteur qui débute au col du Coudel et on en profite, avec au passage une vue panoramique sur Serremijeanne. Tout ça nous conduit sur une large piste que l'on prend sur la droite. On est bientôt au très apprécié point G (pour gravité) à partir duquel il n'y a plus un coup de pédale à donner et on entame à la suite la formidable descente du roc du Tonnerre ou tout le monde, habitués comme newbies, prend un pied massif, avec mention spéciale aux deux courageux en semi-rigide. Une ultime avanie pour Fabrice : la chaîne étant hors d'usage, il choisit carrément de l'enlever, ce qui ne diminue en rien sa vitesse dans la fin de la descente. Ca y est nous sommes à Cabrespine, malheureusement, notre quartier général habituel (le bar le Ch'ti) est fermé le dimanche, et nous ne pouvons donc y conclure cette magnifique journée. Finalement, suite aux arrêts techniques prolongés, nous avons mis 6 heures pour faire les 33 KM agrémentés de 1300 M de D+ de ce très joli parcours.